Gaz de schiste au Québec : 75% des ingénieurs en faveur d’un moratoire

Un sondage auprès des membres du Réseau des ingénieurs du Québec  (RéseauIQ) indique que 75% des répondants sont en faveur d’un moratoire sur l’exploitation des gaz schiste, rapporte Charles Côté dans la Presse

Les trois quarts des ingénieurs québécois jugent qu’un moratoire est nécessaire dans le dossier du gaz de schiste. Ils croient que le gouvernement agit principalement dans l’intérêt de l’industrie et doutent que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) réussisse à apporter des réponses satisfaisantes aux préoccupations des citoyens.

Un portrait peu encourageant de la situation alimentaire mondiale

Le Earth Policy Institute dresse un portrait peu encourageant de la situation alimentaire mondiale. D’un côté, la production agricole de nombreux pays dépend d’aquifères déjà fortement surexploités pour l’irrigation.  De l’autre, la demande augmente, non seulement à cause de la croissance de la population mais aussi à cause de l’affluence croissante dans certains pays (augmentation de la consommation de viande) et de la production de biocarburant. Aux États-Unis, plus de 25% de la production de grains sert à la production (subventionnée) de biocarburant. Il faut donc s’attendre à ce que le prix des denrées de base continue à augmenter, avec toutes les conséquences que cela pourra avoir, autant au niveau de populations les plus démunies qu’au niveau de la stabilité politique de certains pays.

Un répertoire des milieux humides de la région de Montréal

Milieux humides au nord de l'Ile Bizard

Milieux humides au nord de l'Ile Bizard (Canards Illimités)

Au début de février, Canards Illimités a publié son répertoire cartographique des milieux humides de la région de Montréal.

Grâce à l’appui du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), Canards Illimités a pu cartographier plus de 11 000 milieux humides pour une superficie totale de près de 21 000 hectares (ha), soit environ la superficie de l’île de Laval ou celle de 36 000 terrains de football. La cartographie des milieux humides a une précision de 0,3 ha en milieu urbain avec forte pression.

Canards Illimités a donc développé des outils de connaissance qui permettent de localiser ces milieux humides et d’offrir à tous ceux qui ont à intervenir sur le territoire une base commune de connaissances permettant d’éviter des erreurs de planification préjudiciables à ces milieux. Les données peuvent être consultées au www.canardsquebec.ca/outils/cmm.

L’importance de ces milieux humides est expliqué sur le site de CI:

Les milieux humides…

  • sont des habitats essentiels au cycle de vie de la sauvagine et d’autres espèces fauniques.
  • filtrent notre eau naturellement et contribuent à nous fournir des sources d’eau propre et sans danger
  • procurent des bienfaits environnementaux et sociétaux en atténuant les effets des sècheresses et des inondations, ainsi que ceux des changements climatiques et de l’érosion
  • offrent de formidables possibilités récréatives et d’apprentissage à des personnes de tous âges
  • sont des habitats essentiels à quelque 600 espèces fauniques au Canada
  • ont la capacité d’absorber et d’emmagasiner les gaz à effet de serre de l’atmosphère terrestre

Mais cartographier n’est pas protéger comme le rappelle Charles Côté de la Presse :

… le MDDEP continue d’approuver la plupart des remblayages de milieux humides à des fins de construction. Entre 80% et 85% des milieux humides auraient disparu.«Si on ne fait rien, les impacts environnementaux vont continuer de s’accumuler avec des conséquences économiques que nous sous-estimons tous», a affirmé hier Bernard Filion, directeur de Canards illimités pour le Québec. «Nous offrons aux entrepreneurs, aux élus et aux aménagistes un nouvel outil commun, a-t-il dit. Si nous ne pouvons pas freiner le développement, planifions-le.»

Un problème, selon Côté, est que le suivi des compensations exigées lorsque des transgressions sont autorisées n’est pas fait par le MDDEP.

Le pic pétrolier : plus tôt que prévu?

Courtoisie de Wikimedia commons

Un article intéressant du Guardian sur le pic pétrolier. L’Arabie Saoudite, le plus grand exportateur de pétrole,  aurait exagéré ses réserves exploitables et sa capacité de production. Au lieu de grimper au cours des prochaines années, sa production risque de stagner, voire même de chuter. La demande mondiale, de son côté, ne montre aucun signe d’essoufflement. Une discussion des enjeux sur The Oil Drum.

Lagunes de Mercier : toxicité secrète

Les lagunes de Mercier sont un des pires exemples de pollution industrielle au Québec. Les huiles lourdes  toxiques déposées sur le site il y a plus de 40 ans ont contaminé la nappe phréatique de la région. Aujourd’hui dans un article de la Montreal Gazette, Michelle Lalonde rapporte que le gouvernement du Québec a commandité de nombreuses études sur le site et les contaminants qui s’y trouvent. Le hic est que ces études demeurent à tout fin pratique secrète, inaccessible au public. Lalonde décrit les efforts vains de Daniel Green, écotoxicologiste, pour obtenir copies de ces études grâce à la Loi sur l’accès à l’information. Selon lui, ces documents démontrerait l’importance de procéder à une décontamination du site, puisque des produits toxiques continuent de s’en échapper. De son côté, le ministère de l’Environnement déclare que ces documents doivent rester secrets, puisqu’il poursuit actuellement le propriétaire du suite devant la Cour supérieure du Québec. Il invoque en fait le secret professionnel auquel est tenu ses avocats pour appuyer sa position. L’argument apparait particulièrement spécieux et il n’est pas difficile de conclure, comme le fait M. Green, que le gouvernement cherche avant tout à éviter une nouvelle source d’embarras.

L’énergie éolienne au Québec: toujours très controversée

Les nombreux manifestants présents hier à la rencontre d’information (finalement annulée) d’Hydro-Québec sur un projet de parc d’éolienne dans la région de Napierville nous rappellent que plusieurs projets du genre au Québec sont très controversés. On peut se demander à quel point le laxisme initial du gouvernement provincial dans l’encadrement des projets et la « fièvre de l’or » créée par les appels d’offre d’Hydro-Québec ont contribué à cette situation.

D’abord les oiseaux, ensuite les plantes

La disparition d’une seule espèce peut entraîner d’énorme répercussions sur une écosystème. Le rôle de la loutre de mer du Pacifique (sauvée in extremis de l’extinction) dans la protection des forêts de varech (kelp) le long des côtes du Pacifique est bien documenté.

Méliphage carilloneur

Méliphage carillonneur (courtoisie de A. Thompson, www.flickr.com/people/35013220@N05))

Des chercheurs néo-zélandais viennent de publier dans Science un article qui démontre pour la première fois  l’impact négatif de la disparition d’espèces pollinisatrices (des oiseaux, en l’occurrence) , sur la reproduction de certaines plantes. Un autre exemple de l’importance de protéger les espèces « clés de voûte »

Un sursis pour le lac Mead?

Le lac Mead, qui est en fait le réservoir créé par le barrage Hoover, alimente en eau toute la région de Las Vegas. Une réduction marquée des chutes de neige dans les Rocheuses fait en sorte que le niveau de ce réservoir est en baisse constante depuis l’an 2000 et s’approche du niveau critique. Suite aux chutes de neige abondante de cet hiver, on prévoit que le niveau du réservoir pourrait augmenter de 24 pieds (7,3 m) cette année. C’est mieux que rien, mais à peine suffisant pour passer la cote « sécheresse » et bien en deçà de la moyenne historique.